Nous vivons aujourd’hui la sixième journée consécutive de coupure d’eau. Pas une goutte n’est sortie du robinet depuis 144 heures (Assane a compté)… Ndox amul [il n’y a pas d’eau]. Bien sûr, nous avons l’habitude de vivre avec les coupures d’eau, mais elles ne durent pas aussi longtemps d’habitude. Pour vous donner une idée, dans mon quartier, nous n’avons généralement de l’eau que la nuit : entre 8h et 23h, le robinet devient inutile et c’est le bal des bassines et des bouteilles, que nous remplissons chaque soir pour tenir la journée suivante. Ces derniers temps, l’eau est également souvent coupée pendant les week-ends, pour cause de travaux destinés à l’amélioration du réseau de distribution d’eau à Dakar et aux alentours…

Vendredi donc, un avis est paru dans la presse pour nous avertir qu’il n’y aurait pas d’eau de samedi matin à dimanche soir. Soit, on a fait des réserves supplémentaires : bassines remplies à ras bord, bouteilles dans la cour…
Sauf que, dimanche nuit, le robinet était toujours à sec. Et lundi matin aussi. Et mardi. Et aujourd’hui. Ce matin, nous avons utilisé la dernière bouteille de réserve. Il nous a donc fallu aller chercher de l’eau dans un autre quartier. Mais, avant, direction le marché de Grand-Yoff pour acheter des bidons de 20l pour transporter l’eau. J’ai réquisitionné Doggy pour qu’il m’aide à porter tout cela, Assane étant au travail.

Aller en car rapide, retour en taxi, les bidons dans le coffre. Ce sont des anciens bidons d’huile végétale pour la cuisine. Il a donc fallu les nettoyer avant de pouvoir les remplir d’eau. Ensuite, nouveau trajet en taxi, cette fois pour aller chez un cousin qui a la chance d’habiter dans un quartier où il n’y pratiquement jamais de coupure d’eau (ils ont de fréquentes coupures d’électricité, par contre, mais c’est une autre histoire). Nous sommes donc allés remplir nos bidons de 20l – juste assez d’eau pour tenir encore quelques jours. Parce que, évidemment, nous n’avons aucune idée de quand l’eau va revenir…

Fatoumata Ndiaye