Bémer, des chansons qui tuent !?!

Yo ! Tu sais, l’autre soir, je suis sorti prendre l’air, il faisait un froid de canard à Nancy. Il neigeait à gros flocons, alors je me suis refugié dans un bistrot qui avait l’air sympa. À travers la vitre, je devinais un orchestre qui jouait.
Une fois dans le bistrot, j’ai compris que le concert n’avait pas encore commencé. J’allais enlever ma veste, avant de m’asseoir à une table juste à l’entrée du pub, quand, à travers la vitre, de l’intérieur cette fois, j’ai vu la neige qui tombait encore et encore. Alors, je me suis dit qu’il valait mieux garder ma veste sur moi, le froid ne passera pas !
Une fois assis, j’ai fait un 360°. Il y avait deux guitares suspendues vers le plafond, sur une paroi toute rouge, à ma gauche. Juste en-dessous des guitares étaient entassés des je-ne-sais-quoi sous une grande couverture sombre, peut-être les affaires des musiciens me suis-je dit. Un bar américain prenait le relais en s’enfonçant vers l’intérieur de la salle. Une cinquantaine de spectateurs était là. Certains occupaient des tables en buvant de la bière et en discutant, d’autres étaient accoudés au bar devant leur breuvage en contemplant les alcools forts  qui brillaient dans les bouteilles bien rangées derrière les barmaids. Bruyants, un peu saouls ou complètement ivres, d’autres me jetaient des coups d’œil interrogateurs. Ben quoi ? Moi aussi, j’aime la musique ! Non mais sans blague, vous savez qui je suis ? en plus j’ai mes papiers et je n’ai rien à déclarer, OK ? Toute la partie droite de la salle était occupée par une paroi vitrée à travers laquelle les flocons de neige se faisaient toujours plus menaçants.

« On s’appelle Emanuel Bémer et on fait des chansons qui tuent ! » : le chanteur du groupe, la boule à zéro, venait d’ouvrir les hostilités. Ouais ! Je préfère mourir de son plutôt que de froid, cool !
Le trio était composé de «Monsieur propre » le chanteur et guitariste, d’un bassiste avec une sacrée tronche qui devait toutes les faire tomber et d’un batteur qui semblait sortir d’un mauvais concert, peut-être qu’il n’aimait pas le froid lui non plus. Ils étaient juste en face, à deux, trois mètres de la star. Yo mec !
Entre les applaudissements et les cris du public, ils ont repris des chansons de Amy Winehouse, Leonard Cohen et de Jacques Brel.

Je ne comprenais pas que le public ne danse pas. Et, très souvent, des gens sortaient pour aller fumer une clope (ou autre chose) ? Ah oui, en France, il est interdit de fumer dans les lieux publics depuis 2008. Il faudrait étendre cette loi aux centres culturels français à travers le monde, histoire de limiter les dégâts au Centre Culturel Français de Dakar… Ouais, un petit clash en passant !
Pour revenir à nos Bémer, des moments, j’entendais à peine l’orchestre tellement le public était bavard. Je regardais jouer les mecs et je me disais qu’ils assuraient quant même bien.

« Oui chérie, je suis sur scène … » : le chanteur venait de sortir son téléphone portable pour la troisième fois, entre deux morceaux. Joueur le mec, en plus d’être cool. À moins que ce fût un stratagème pour attirer l’attention du public.

Un jeune qui s’était aventuré à ma table m’expliquait que les gens étaient là ce soir pour boire des verres et discuter et pas forcément pour écouter sagement le groupe. J’avais enfin compris tout le truc !

Bref ! J’ai bien kiffé le son de Bémer et l’ambiance déstructurée des lieux. En plus, ils avaient de beaux instruments, les enfoirés !

P***** il neigeait toujours !

A+

Doggy





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