Les Incroyables Comestibles germent à Nancy

Suite à ma participation à la Rando des acteurs locaux de Nancy, j’ai eu l’honneur d’être invitée à participer au lancement des Incroyables Comestibles de Nancy. Ce mouvement citoyen est né en 2008 à Todmorden, une cité industrielle du nord de l’Angleterre (près de Manchester) durement touchée par la crise. L’idée est simple : passer de la pénurie à l’abondance en plantant de la nourriture et en la partageant avec ses voisins. Depuis, le projet a essaimé un peu partout dans le monde, de l’Angleterre à l’Inde, en passant par le Burkina Faso, le Canada, le Japon… En France, de nouvelles communes rejoignent chaque jour le mouvement. Aujourd’hui, c’est le cas de la ville de Nancy.

Les plus motivés des Nancéiens ont bravé le froid et le vent pour se retrouver, ce samedi matin 20 avril 2013, sur la place Stanislas. Nous étions une petite quinzaine. Après avoir fait connaissance bien au chaud dans un café de la place, nous nous sommes mis en quête du plus proche panneau indiquant l’entrée dans la ville de Nancy. C’est en effet là la première des cinq étapes de la création d’un nouveau groupe local : se photographier devant la pancarte de la commune.

Par cet article, j’ai le plaisir de participer à la deuxième étape, qui consiste à communiquer autour du projet et à vous inviter à nous rejoindre et à participer en plantant de la nourriture à partager devant chez vous. Des actions collectives suivront…

Je suis très heureuse d’avoir le privilège de participer à cette belle aventure citoyenne et solidaire, terreau fertile pour la reconstruction du lien social et du partage dans la joie et l’abondance.

Retrouvez les Colibris de Nancy sur leur page facebook.

Fatoumata Ndiaye





3 commentaires sur “Les Incroyables Comestibles germent à Nancy”

  1. Incroyables Comestibles et Plan « Wahlen », un peu d’histoire !

    Les « Incroyables Comestibles » arrivent d’Angleterre et c’est une démarche qui vise à rendre les territoires auto-suffisants pour leur alimentation.

    Avant la seconde guerre mondiale, la Suisse importait la moitié des denrées alimentaires. Le pays est petit et une partie importante du territoire est situé en haute altitude. En raison des risques d’embargo pour un pays neutre entouré de pays en guerre, Friedrich Traugott Wahlen, agronome et politicien, mit au point un plan visant à rendre l’agriculture suisse indépendante.
    Il s’inspira entre autres du plan de l’Italie fasciste, la « bataille du blé », qui consistait à assécher les marais pontins pour en faire des terres agricoles privilégiant la culture du blé.

    Les bonnes idées ont parfois des origines discutables, même si Mussolini réussit là où César avait échoué !

    Le plan Wahlen vit le jour en 1940, lorsque Wahlen, chef de division à l’Office fédéral de guerre pour l’alimentation, présenta à un large public – et à l’insu de ses supérieurs – un exposé sur le plan qu’il avait mis au point depuis 1935. L’écho positif de ce discours dans de larges couches de la population, très insécurisée face à l’avenir, poussa les milieux dirigeants, publics et privés, initialement récalcitrants, à se rallier au nouveau plan.

    Entre 1940 et 1945, les zones cultivables passèrent de 183 000 à 352 000 hectares et, par exemple, la production de pommes de terre doubla, passant de 91 000 à 182 000 wagons. On admet que, grâce à cet effort, la Suisse ne souffrit pas d’un rationnement de fruits et de légumes, même si la ration quotidienne de calories baissa.

    Le succès du plan Wahlen dépassa largement son but alimentaire. En subordonnant chacun à la réalisation d’un objectif commun, il cimenta l’intégration sociale.

    Toute comparaison a ses limites et la démarche étatique et autoritaire de la Suisse n’est pas de même nature que le mouvement citoyen anglais.
    Toutefois, on peut noter que le plan Wahlen s’est fait sur pression du public, malgré les réticences des couches dirigeantes, que cet effort a permis d’augmenter considérablement les surfaces cultivées et qu’une dimension sociale – patriotique à l’époque – a trouvé racine dans ce grand potager national !

    Les « jardins familiaux » ou « jardins ouvriers », apparus à la fin du XIXe siècle, semblent toutefois être de plus proches parents des « Incroyables Comestibles ». Détail amusant, c’est aussi en Angleterre que l’on commença à parler d’ « allotments » ou terres allouées aux ouvriers.

    L’église, en France, appuya la démarche : « Les jardins ouvriers professent une vocation sociale et défendent un certain ordre social : s’ils permettent aux ouvriers d’échapper à leur taudis en profitant d’un air plus respirable, ils les éloignent aussi des cabarets et encouragent les activités familiales au sein de ces espaces verts. » (source Wikipédia)

    Les vertus du jardinage sont vraiment admirables : Patrie, Famille et toujours les mêmes salades… C’est incroyable !

    1. Bonjour Yves,

      Nous vous remercions pour ce premier commentaire, qui aurait pu être un article à part entière tant par sa richesse que par son apport historique.
      De fait, à travers votre commentaire, nous apprenons un peu de l’histoire suisse durant la période de la seconde guerre mondiale. Mais, surtout, nous comprenons mieux les enjeux de l’époque sur le plan alimentaire.

      Nous sommes curieux de voir comment votre commentaire sera accueilli par les Incroyables Comestibles et par les visiteurs de SaDunya.

      Nous espérons bénéficier encore de vos commentaires dans le futur.

      En vous remerciant de partager votre temps et vos connaissances avec les internautes, toute l’équipe de SaDunya vous envoie ses salutations ensoleillées.

      AdminSaDunya

  2. Bonjour,

    Bravo pour la ville de Nancy. Ce mouvement prend de plus en plus d’ampleur, pour une fois que les bonnes choses nous viennent des anglais.
    Chez nous en Alsace ça a bien pris.

    Olivier

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.