Julien, le photographe autodidacte


Aujourd’hui, j’ai décidé de m’envoler une nouvelle fois vers la Suisse pour aller à la rencontre d’un photographe autodidacte afin qu’il me parle de sa passion. Toute la famille a tenu à voyager avec moi, car chacun a une question pour le photographe. Après un vol de sept heures et quelques trous d’air qui ont effrayé les plus jeunes, nous avons atterri à Genève. À la sortie de l’avion, après le contrôle des passeports, nous sommes contraints d’attendre pour un problème de visa. En effet, j’avais « accidentellement » 😉 renversé du soda sur le visa d’Assane, ce qui l’a rendu peu lisible. Après de longues palabres et l’intervention de notre photographe, tout est rentré dans l’ordre.
Bienvenue en Suisse, le pays du chocolat et des banques… (mdr)
À tout seigneur tout honneur, la première question est pour moi.

Doggy
 
Merci Julien de me recevoir dans ton beau pays. J’aimerais savoir comment tu as commencé la photographie et quand…

Julien : J’ai toujours aimé les belles images en général, mais je n’ai jamais eu le déclic de me lancer dans la photographie. Mais un jour, un de mes beaux-frères qui est domicilié au Sénégal m’a demandé de lui rapporter un appareil photo reflex lui permettant de réaliser son projet étant donné qu’il a suivi une formation dans l’infographie et le graphisme. Il a utilisé des termes compliqués pour un néophyte comme moi et j’ai dû faire des recherches et apprendre ce jargon pour dénicher un bon appareil photo. Après plusieurs semaines de recherches intensives, j’ai trouvé une belle offre sur le net, que je me suis empressé de commander. Dès que j’ai reçu le paquet que le gentil facteur m’avait apporté, je l’ai ouvert avec une certaine émotion pour voir à quoi pouvait ressembler la bête. Je l’ai testé et là je me suis dit, il me faut le même, c’est trop bien…C’était en juillet 2013.Julien Mabillard Photographe autodidacte

Doggy
 
Cool, et comment as-tu appris la photographie ?

Julien : Je suis autodidacte et ça fait 2 ans que j’apprends la photographie. Les cours de photos sont chers en général, comme le matériel, sauf si tu as un ami banquier qui peut t’aider. Mais je ne me suis pas découragé et j’ai fait des recherches sur le net, et là super, j’ai découvert un certain nombre de sites web gratuits qui m’ont initié à la photographie de base. J’ai également lu des magazines spécialisés. Un site en particulier m’a convaincu parce que le photographe t’accompagne en vidéo avec des termes basiques et un peu d’humour (à la française) et ça, c’est génial, il suffit de refaire la même chose dans un premier temps et par la suite de personnaliser ta technique. En plus, tu peux mettre tes photos, et d’autres débutants ou photographes avancés jugent ton travail et te donnent des conseils. Pas toujours facile la critique (rire).Julien Mabillard Photographe autodidacte

Doggy
 
Ouais, la critique je connais, c’est pareil dans le rap, les mecs sont durs des fois. Sinon, je pensais qu’il y avait plein de banquiers en Suisse, apparemment tu n’en connais pas un qui pourrait me filer un peu de blé… lol Bon, sérieusement, d’après ton expérience, quel matériel conseilles-tu à un photographe débutant comme moi ?

Julien : Tu veux photographier tes amis, bonne nouvelle !
Je dirais qu’il y a deux marques qui dominent le marché depuis de nombreuses années, il s’agit de Canon et de Nikon, donc à choix, une des deux selon les goûts de chacun. En effet, ces 2 marques proposent une gamme énorme au niveau des objectifs, ce qui te permettra de construire ton parc de lentilles en fonction de ton choix photographique. En ce qui concerne le boitier, il y a 3 nivaux, soit débutants, amateurs et professionnels. Je te conseille de commencer avec la gamme débutants et de prendre le plus performant de cette gamme. En effet, il te permettra de faire énormément de choses avec des fonctions simplifiées afin de te mettre rapidement à photographier en mode manuel ou semi-automatique. Par la suite, je pense qu’un flash cobra et un trépied doivent venir compléter ton réflex. Après un certain délai, lorsque tu maîtriseras ton reflex, je te conseille d’investir dans des objectifs professionnels, malheureusement très onéreux, mais c’est grâce à eux que tu obtiens la qualité (piqué) de l’image. Donc, garde en tête qu’un objectif donne la qualité de l’image et le boîtier, la possibilité de prendre la photo.Julien Mabillard Photographe autodidacte

Assane
 
Pardon Doggy ! Nous avons, nous aussi, des questions à poser… Bonjour Julien et merci de la part de toute la famille SaDunya de nous accorder cette interview. Ma question est la suivante : quel genre de scènes préfères-tu photographier ?

Julien : Sans hésitation, le portrait. J’aime aussi les paysages, les scènes de la vie et les animaux.Julien Mabillard Photographe autodidacte

Mamie
 
Moi, j’aime bien tes photos, mais pourquoi est-ce tu préfères les portraits plutôt que les cathédrales ou la tour Eiffel ?

Julien : (Rires) La tour Eiffel, c’est une trop grande dame pour moi.
J’aime capturer les expressions du visage, mettre en valeur une personne, gommer les petites imperfections par la lumière ou avec certaines poses, ce qui laisse une grande marge de créativité. J’aime aussi pouvoir communiquer avec le modèle.Julien Mabillard Photographe autodidacte

Aby
 
As-tu des projets photographiques ?

Julien : Oui, j’ai des petites choses en tête. Je suis en train de me former sur le studio de rue, et je vais prochainement photographier un jeune couple, marié depuis une année, faire un shooting de ma sœur à Genève et j’aimerais également faire des photos de femmes africaines « traditionnelles ». Pour terminer, lors de mon prochain séjour au Sénégal, je projette de photographier la vie quotidienne et les paysages.Julien Mabillard Photographe autodidacte

Aby
 
Waou ! Tu vas venir nous voir au Sénégal ? As-tu déjà été au Sénégal ? Si tu viens, je vais te présenter à toutes mes copines… Autrement, peux-tu nous dire ce que la photographie t’a apporté ?

Julien : Oui, j’y suis allé à neuf reprises et c’est avec plaisir que je viendrai te rentre visite
La photographie m’a apporté un nouveau regard sur mon environnement, car je regarde – et surtout je vois – maintenant des détails qui m’étaient invisibles auparavant. Mon cerveau travaille en permanence afin d’être le plus créatif possible et surtout de donner de l’émotion, raconter une histoire et donner un style personnel à mes clichés. Une fierté de savoir que vous êtes le chef d’orchestre de ce que vous voulez montrer en figeant le temps en une fraction de seconde… C’est magique.Julien Mabillard Photographe autodidacte

Fatoumata
 
Pardon Julien, les enfants sont vraiment très curieux. Ils te fatiguent avec toutes leurs questions… J’aimerais juste savoir s’il y a des photographies qui t’ont marquées plus que d’autres et pourquoi ?

Julien : Amoul problem… Oui, les miennes (rires). Non, plus sérieusement, il y a des photos qui ont marqué l’histoire et qui témoignent d’un événement tragique ou glorieux. Je pense au Portrait du commandant Massoud par Reza, c’est une image très forte d’un commandant luttant pour une cause en pleine réflexion, c’est le photographe Reza qui l’a immortalisé juste avant sa mort. Pour rester dans les commandants, je pense au Che par le photographe Alberto Korda, qui est à la base journaliste, mais son employeur n’a pas aimé son cliché et c’est seulement à la mort du Che que la photo a été publiée et a connu le succès que nous connaissons tous. Ensuite, il y en a d’autres qui sont plus tragiques, mais je m’arrête là.Julien Mabillard Photographe autodidacte



Fatoumata
 
J’ai quand même envie de savoir si tu penses que la photographie peut changer le monde ?

Julien : Aïe, c’est une question difficile. Je pense qu’un cliché en lui-même ne peut pas changer le monde tout seul, par contre, il peut contribuer à faire passer un message, témoigner d’un événement particulier… Il peut également toucher le lecteur d’une manière qui le fera voyager. Donc, je dirais qu’elle y contribue.Julien Mabillard Photographe autodidacte

Assane
 
Quel est le shooting qui t’a donné le plus d’émotion ?

Julien : En fait, il y en a eu deux. Le premier c’est « Dans les yeux de Tigane ». J’ai trouvé très intéressant de travailler avec mon fils et de voir la complicité que nous avons partagée. Sur le plan technique, je me suis donné deux contraintes : la première, photographier uniquement en noir et blanc et la deuxième, photographier le modèle uniquement de dos.
L’autre shooting, c’est le meeting aérien AIR 14 qui s’est déroulé sur une journée entière. C’était ma première expérience, je n’avais aucun repère, je me suis simplement informé sur internet. J’ai été très satisfait du résultat final, vu le matériel basique que j’avais. Un grand moment.Julien Mabillard Photographe autodidacte

Doggy
 
Hé Assane, c’est mon article alors casse-toi maintenant avec tes questions d’intello… Content de te retrouver, Julien mon pote, que puis-je te souhaiter de meilleur ?

Julien : La santé et une longue vie Inch Allah.
Sur le plan photographique, que les personnes qui regardent mes clichés soient touchées par une émotion. Je vous remercie d’être venu me voir et de m’avoir donné l’occasion d’échanger avec la belle famille que vous êtes, et j’espère vous revoir prochainement.Julien Mabillard Photographe autodidacte

Doggy
 
Ouais, cool la famille (juste %& Grrrr Assane). Tu veux bien me photographier ?

Julien : Avec grand plaisir ! Je vais tous vous photographier… Allons-y, je compte sur vous, mes amis…Julien Mabillard Photographe autodidacte


La famille SaDunya à la rencontre avec le photographe autodidacte suisse


Bonus 😉


Doggy
(texte de Julien Mabillard avec ma touche perso)


3 commentaires sur “Julien, le photographe autodidacte”

  1. Je repense à la question que je t’ai posé il ya quelques mois déjà, à savoir si une photo pouvait changer le monde …
    En effet depuis que les médias ont diffusé la photo d’Aylan Kurdi, le petit enfant kurde retrouvé mort sur une plage en Turquie le 2 septembre dernier, c’est impressionnant le nombre de débat qu’il y a en Europe et ailleurs dans le monde. En Suisse, c’est la deuxième émission que je regarde à propos des étrangers et plus particulièrement sur les immigrés syriens (Immigrés ou immigrants ?). Je constate qu’une photo diffusée au bon moment peut mener un nombre incalculable de débats. L’humain est vraiment bizarre.

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