Ouverture et enracinement : le cousinage à plaisanterie


Le Président-Poète L. S. Senghor, dans son idéologie de la négritude, a fondé son combat contre l’impérialisme culturel, cette forme d’aliénation du colonialisme, sur « l’ouverture et l’enracinement ». Ouverture aux autres et enracinement dans sa culture.
Aujourd’hui, avec nos cousins de Keurdomusagar, mon amie Fabinta Lo nous fait découvrir le cousinage à plaisanterie, profondément enraciné dans la culture sénégalaise.
Le cousinage à plaisanterie ou « parenté à plaisanterie » est une pratique sociale typiquement ouest-africaine. Chez les Wolofs, on l’appelle Kal. Cette pratique autorise, voire oblige des membres d’une même famille (tels que des cousins éloignés ou des membres de certaines ethnies) à se moquer les uns des autres ou s’insulter, et ce, sans conséquences. Ces affrontements verbaux sont en réalité des moyens de décrispation sociale 1.

Prenons un exemple : un membre de la famille Ndiaye de SaDunya (par exemple Doggy) peut croiser un membre de la famille Diop de Keurdomusagar et le traiter de voleur ou de mangeur de haricots pourris sans que personne ne soit choqué, alors que parfois les deux ne se connaissent même pas. Il n’est d’ailleurs pas permis de se vexer. Autre exemple : les patronymes Lo et Sylla étant des cousins dans la catégorie des parentés à plaisanterie, de tels échangent peuvent également avoir lieu entre ces deux familles. Il existe une multitude de patronymes cousins ici au Sénégal.
Le cousinage à plaisanterie existe aussi entre certaines ethnies du Sénégal, comme entre les Toucouleurs et les Sérères ou entre les Diolas et les Sérères, ainsi qu’entre des cousins germains, etc. Leurs relations sont toujours basées sur les moqueries et les plaisanteries. Il arrive que ces relations soient utilisées par les ethnies sérères et diolas pour essayer de trouver une solution au conflit qui dure depuis plus de trente ans en Casamance, dans le sud du Sénégal.

Enfin, pour reprendre l’exemple de mon amie Fabinta, j’ajouterais ceci : les Peuls et les Forgerons sont des ethnies cousines dans le sens que nous venons d’expliquer. Ainsi, quand la vendeuse de lait caillé, qui est Peule, arrivait chez Fabinta (de l’ethnie des Forgerons), elles plaisantaient tant que le lait était finalement vendu à un prix inférieur à celui auquel l’aurait acheté une autre personne non liée par le cousinage.

Vous comprenez maintenant l’importance que revêt le cousinage à plaisanterie ! Et vous, pratiquez-vous le cousinage à plaisanterie ? Ou avez-vous une coutume comparable dans votre culture ? À l’ouverture !

Fatoumata Ndiaye
Texte de Fabinta Lo, Keurdomusagar

Pour en savoir plus :
Page Facebook de Keurdomousagar


1 Source : Wikipedia




4 commentaires sur “Ouverture et enracinement : le cousinage à plaisanterie”

    1. Un jour une dispute éclata entre LO et Sylla. Sylla dit ceci :
      « LO, tu dois te taire car à chaque fois que tu es en ma compagnie, c’est grâce à moi que tu reçois des honneurs. Tu vois donc l’importance de la beauté ? »
      Et LO de répliquer :
      « Sylla j’assume ma laideur mais toi tu me ressembles dès que tu as faim ou quand tu es malade, tu deviens mon sosie et tu l’es davantage au moment de la mort. Alors en quoi la beauté est elle importante ? » ( tiré du livre écrit en italien il gallo canta )

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