Bienvenue à l’École Nationale des Beaux-Arts de Dakar, Sénégal

5ème partie.

Malick Diène : Pas de crayon, pas de gomme !?!

Merci Ndaté de réveiller ces souvenirs de l’École des Beaux-Arts où nous avons vécu des moments forts, je dirais même très forts.
Je me rappelle encore de la première journée lors de laquelle nous nous sommes retrouvés dans une salle de classe pour passer les épreuves du concours d’entrée. À ma grande surprise, je me retrouvé dans une salle immense avec beaucoup d’autres jeunes gens. À l’entrée se trouvait une plaque peinte en blanc avec la mention « Première année ENBA ».
Je ne connaissais personne encore parmi ceux qui deviendraient mes amis, comme Mamadi Seydi, Ndaté Sylla, Oumar Gueye ou Eric Pina.
Par rapport au Lycée Blaise Diagne (puis Limamoulaye) d’où je venais, cette ambiance me paraissait bizarre. Au lycée, j’étais dans mon élément, tout dans le décor me rappelait que j’étais un élève parmi d’autres.
Mais ce matin-là, je me retrouvais au milieu de gens particuliers. L’ambiance était très détendue. Les gens qui étaient autour de moi ne venaient pas à l’école avec des cahiers comme au lycée. Ici, les tables étaient très simples et démontables.
Alors que nous commencions à discuter pour faire connaissance, un homme est entré dans la salle avec la liste des candidats. Rien d’anormal jusque-là à priori. Ensuite, il nous a demandé de mettre de côté tout matériel à dessin. « Vous n’en aurez plus besoin », nous dit-il. « Ici, vous n’êtes plus au lycée ou à l’université. Vous êtes là pour réveiller votre savoir-faire et votre créativité. Donc, pas de crayon, pas de gomme, etc. ».
Devant chaque candidat se trouvait un drôle de papier, que je n’avais jamais vu auparavant. Du papier kraft. Et à côté, de l’encre ou de la peinture noire.
Le professeur nous invita ensuite à aller dans la cours et à trouver des outils qui nous permettraient de travailler sur les sujets du concours d’entrée.
C’était mon premier jour à l’École Nationale des Beaux-Arts.

Texte rédigé par Malick Diéne





18 commentaires sur “Bienvenue à l’École Nationale des Beaux-Arts de Dakar, Sénégal”

  1. Ha, je me souviens aussi de ces moments, quand je traitais mon frère de fou et ceci pendant longtemps, car il était si sûr que l’art était sa voie… et puis finalement, je crois qu’il a fait le bon choix.

  2. C’est dans ces moments là que je me dis « être née à la mauvaise période »… Peut-être que si je vous avais fréquentés, je serais aujourd’hui moi aussi une artiste pleine de talents.
    On sent que vous en avez vécu des choses tous ensemble à l’école des Beaux-Arts de Dakar et ça donne envie!

    1. Lol, ma sœur chérie…
      Moi aussi il m’arrive de penser que n’être (naître) à l’époque de l’esclavage, à l’époque de l’âge de Pierre ou encore à l’époque de l’Empire Mandingue m’aurait beaucoup plu, ou pas…
      Qui sait ?
      Tu es peut être plus « artiste » que tu ne le penses. Libères toi de toi-même, tu te libéreras ainsi des autres. Tu brilleras comme un artiste dans tout ce que tu feras. l’être humain est puissant, très puissant.
      Familialement et amicalement 🙂

  3. Salut Ndaté, moi je n’aurais connu que ta période Rasmusseniene ! Par contre, tu cites beaucoup d’artistes que je connais en effet personnellement : Piniang (Mballo), Henri Sagna, Soly Cissé, Hassane Sar… des gars avec qui j’ai eu l’occasion de travailler dans différentes manifestations artistiques et culturelles à Dakar… Comme tu dis, tout ce beau monde est un concentré de créativité, un bouillon de génie artistique… le ciel de Dakar est plein d’étoiles, il suffit de lever un peu le nez et d’ouvrir grand les yeux…et le coeur. Toi, tu es comme l’astronome, tu observes, tu défriches, tu dessines, tu agences et organises… Le plan celeste n’a plus de secret pour toi. Yal na jamm yagg !

    1. « Dieureudieuf » frère David.
      Tu es un grand parmi les grands. Tu es l’un des sénégalais les plus talentueux de ta génération. Je prendrais le temps, l’énergie et l’amour nécessaire pour faire un petit reportage sur toi et ton œuvre impressionant.
      Merci beaucoup d’avoir pris ta plume et de laisser tes traces ici et maintenant.
      « Wallay ! »
      Bonne journée à ta magnifique famille colorée.
      Nio Far.
      Ndaté Sylla.

      Mais quant même, juste pour mon amie Kati Kraftsik-Ghidoni qu’elle saches ce que tu fais: https://www.facebook.com/david.bouchet.le.vrai?fref=ts

  4. Bonjour à tous,
    Je m’appelle Zal Idrissa Sissokho Auteur compositeur et interprète qui travaillait Au Ballet Super Tam Tam D’Afrique, un Ballet qui faisait des tournées partout en Europe.
    J’ai connu Ndaté Sylla au sénégal quand il était à l’école des Beaux Arts de Dakar.
    Un homme au four et au moulin. Après ses cours à l’école, Ndaté venait à la salle de répétition pour accompagner les artistes sur tous les plans, pour le bien et la réussite de ce Ballet qui appartenait à son pére, Ababacar Dieng.
    Maintenant l’avoir au près de moi ici au Canada est une chance pour les artistes sénégalais et les artistes du monde.
    Aller mon frère ! je suis à tes côtés pour la réussite de tout ce que tu entreprend ici au Canada.
    Merci.

    1. Zal,
      J’ai rencontré beaucoup d’artistes dans mes 40 et quelques années de vie.
      Je t’ai beaucoup observé au Ballet. Je t’ai écouté joué dans des situations différentes. J’ai vu combien tu étais combatif et constructif dans les moments de crises. Surtout, le plus important pour moi. Mes origines lointaines, « Sylla » de Guinée, font que quand tu joues ta Kora à 21 cordes, je t’entends. Je t’entends au fond de moi-même.
      Et tu réveille en moi le « Eeeeh Allah ! »
      Take care my brother.
      Nio Far.

  5. Merci Sadunya

    L’école des arts fut pour nous tous un passage inoubliable thanks de nous faire partager et revivre ces grands moments

    1. Tahnks to you sister Habby 🙂 You are doing a great job.
      L’école était cool grâce à des personnes comme toi et les autres.
      Take care.
      Ah ! te souviens tu de cette sculpture de « femme » moche et à moitié désintégrée que nous dessinions tout le temps ?

  6. Mon cher ami tu as réveillè de vieux souvenirs. Je suis très content de revivre les moments qu’on a vécu ensemble aux Beaux Arts en moins de 2 min. de lecture.
    Merci encore à SaDunya et je suis très content de faire partie de cette promotion plein de génies.
    Tanor Tita mbaye

    1. Hello Tanor,
      Tu as raison. Je ne sais pas si l’école a formée par le passé une promotion aussi douée. J’espère en tout cas que nous aurons plus de témoignages et de commentaires de la part des artistes.
      Merci pour ton commentaire. Et continue de nous faire danser le Mbalax.
      Take care my friend 😉

        1. Hello Eric,
          Comment ça va ?
          Merci pour ton commentaire. Ma prochaine visite en Europe on essaiera de se chopper.
          Et si jamais tu passes dans le coin, fais signe.
          Prends soin de toi mon frère.
          à+

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