Ouverture et enracinement : le cousinage à plaisanterie


Le Président-Poète L. S. Senghor, dans son idéologie de la négritude, a fondé son combat contre l’impérialisme culturel, cette forme d’aliénation du colonialisme, sur « l’ouverture et l’enracinement ». Ouverture aux autres et enracinement dans sa culture.
Aujourd’hui, avec nos cousins de Keurdomusagar, mon amie Fabinta Lo nous fait découvrir le cousinage à plaisanterie, profondément enraciné dans la culture sénégalaise.
Le cousinage à plaisanterie ou « parenté à plaisanterie » est une pratique sociale typiquement ouest-africaine. Chez les Wolofs, on l’appelle Kal. Cette pratique autorise, voire oblige des membres d’une même famille (tels que des cousins éloignés ou des membres de certaines ethnies) à se moquer les uns des autres ou s’insulter, et ce, sans conséquences. Ces affrontements verbaux sont en réalité des moyens de décrispation sociale 1.

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De la Terre et de l’Humanisme


Après avoir un peu côtoyé les Colibris et mis les mains dans la terre avec les Incroyables Comestibles, j’ai eu envie d’aller découvrir l’âme de l’association Terre et Humanisme, en Ardèche. Dans ce lieu paisible, où la nature a gardé ses droits, amoureusement accompagnée par l’Homme, l’humanisme de Pierre Rabhi flotte dans l’air. Le temps s’est comme arrêté. La nature est partout : vignes, nuages, abeilles, coquelicots, grenouilles… Et, de temps en temps, alors qu’on se croit soudain seul au monde, on croise un humain qui nous salue avec le même sourire serein. J’ai d’ailleurs fait de belles rencontres, partagé de riches moments d’échanges autour de légumes exigeants et de grains de maïs métissés.
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Le père de la famille Ndiaye

Voici Ibrahima Niang, qui collabore avec Fatoumata Sy pour fabriquer des poupées sénégalaises. C’est dans ses mains que nous prenons forme. Il crée notre armature avec du fil de fer et des matériaux recyclés (papier, mousse). Nous n’avons pas encore très fière allure, mais ça va venir… Il reste à Fatoumata Sy le soin de couper et de coudre nos vêtements, de nous habiller et de s’occuper des finitions afin de nous donner notre apparence finale.

C’est sur le toit de sa maison qu’il a choisi de nous présenter son travail. Ibrahima nous raconte qu’il a voyagé dans de nombreux pays d’Afrique pour présenter ses créations (vêtements, objets d’artisanat). Il vit maintenant dans la banlieue de Dakar.

Assane Ndiaye

Fatoumata Sy, la faiseuse de poupées

J’aimerais vous présenter Fatoumata Sy,  le tourondo(1) de  maman et notre « mère naturelle », puisque c’est elle qui nous fabrique, avec l’aide d’Ibrahima Niang. Ces deux artisans travaillent ensemble pour créer des poupées sénégalaises.

Fatoumata Sy vit et travaille sur l’île de Gorée, à quelques kilomètres au large de Dakar. C’est d’ailleurs là que les créateurs de SaDunya l’ont rencontrée pour la première fois, alors qu’elle vendait des poupées dans sa petite échoppe. Nous, les poupées de la famille Ndiaye, existions déjà dans leur tête, mais ils n’avaient pas encore trouvé la bonne personne pour nous fabriquer. La qualité du travail de Fatoumata, sa générosité et sa bienveillance les ont séduit et, après un premier contact, ils sont revenus vers elle pour lui proposer de créer les personnages qu’ils avaient imaginés pour SaDunya. C’est ainsi que nous sommes nés.

Fatoumata Sy s’occupe de couper et de coudre nos vêtements, avant de nous habiller. Elle se charge ensuite des finitions, comme mon greffage (pose de mes cheveux), les tresses de Mamie – elle tresse d’ailleurs à la vitesse de l’éclair – et la mise en place de la calebasse sur la tête de maman.

La partie que je préfère, c’est quand elle me peigne longuement les cheveux après les avoir fixés, pour qu’ils soient bien lisses et que je sois la plus belle.

(1) Au Sénégal, un enfant prend souvent le nom d’un proche de la famille et devient ainsi son « tourondo » (homonyme).

Aby Ndiaye

Dakar ! Eau là là !

Nous vivons aujourd’hui la sixième journée consécutive de coupure d’eau. Pas une goutte n’est sortie du robinet depuis 144 heures (Assane a compté)… Ndox amul [il n’y a pas d’eau]. Bien sûr, nous avons l’habitude de vivre avec les coupures d’eau, mais elles ne durent pas aussi longtemps d’habitude. Pour vous donner une idée, dans mon quartier, nous n’avons généralement de l’eau que la nuit : entre 8h et 23h, le robinet devient inutile et c’est le bal des bassines et des bouteilles, que nous remplissons chaque soir pour tenir la journée suivante. Continuer la lecture de « Dakar ! Eau là là ! »