Cecile Thiakane : Et si la polygamie était un régulateur social au Sénégal ?

Cecile Thiakane

Il y a quelques années, j’ai eu une conversation « surprenante » avec une de mes meilleures amies. Nous avions vécu quelques années ensemble en France et après avoir travaillé ici un moment après l’obtention de son DESS en Finance, elle avait fait le choix de rentrer au Sénégal pour rejoindre une grande institution bancaire de la place. Il faut dire qu’à l’époque, le secteur bancaire était en grand boum et se structurait au-delà de la Place de l’Indépendance, quartier traditionnel des banques au Sénégal. Pour accompagner cet essor, les profils formés à l’étranger étaient fortement recherchés. Mon amie était contente et surtout fière de rentrer au bercail, de faire un travail gratifiant en apportant sa pierre à l’édifice pour le développement de notre cher pays. Elle avait aussi une rémunération attrayante qui la classait parmi les catégories socio-professionnelles supérieures. Elle faisait partie en quelque sorte de l’élite.

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Bienvenue à l’École Nationale des Beaux-Arts de Dakar, Sénégal

1ère partie.

Nous sommes en 1993, au début du mois de novembre, dans une salle de classe du département des Arts plastiques de l’École Nationale des Beaux-Arts de Dakar (devenue maintenant l’ENA – Ecole Nationale des Arts). L’école est située dans le beau quartier de Point E, sur le boulevard de l’Est, proche du centre-ville. Dans ces bâtiments se trouvent l’ENSEA (École Nationale Supérieure d’Education Artistique), qui forme les professeurs d’éducation d’art plastique et l’ENBA (l’École Nationale des Beaux-Arts), qui forme les artistes plasticiens, les artistes de l’environnement et les graphistes.

Dans la classe, nous sommes une vingtaine d’étudiants environ.

« Vous allez dehors, vous ramassez ce que vous trouverez, nous allons travailler sur la récupération. »
Monsieur Diongue, notre professeur d’expression plastique, venait de nous donner sa première consigne en ce premier jour d’étude. Le premier d’une formation de quatre années qui allait changer ma vie et celle de beaucoup de mes collègues étudiants.

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Zal Sissokho, l’homme araignée de la Kora


Zal Sissokho est un vrai génie de la Kora. Il baigne dans la musique depuis toujours et en joue depuis l’âge de 11 ans. Il chante et compose en mandingue et en wolof, rien que ça ! Respect, man.
Issu de la longue lignée des Sissokho, il joue la kora comme une araignée qui tisse une toile. Une toile musicale qui vous prend au piège dès les premières notes.

Zal Sissokho doit faire partie de ces artistes d’origine sénégalaise qui ne sont pas prophètes chez eux, car je n’ai jamais vu de monument ou de place qui porte son nom dans les rues de Dakar.
Il a joué presque partout, sur toutes les scènes et sur quatre continents. En Afrique : au Sénégal, en Afrique du Sud, au Mozambique, au Zimbabwe et au Maroc. En Asie, Zal Sissokho a joué en Inde. En Amérique du Nord, il a joué dans presque toutes les provinces et villes du Canada, y compris la ville de Kingston, en Ontario, d’où vient le tout premier Premier Ministre du Canada, Sir John Alexander Macdonald, qui était un sacré personnage, très controversé. En Amérique du Nord toujours, notre ami Zal Sissokho a aussi joué aux États-Unis et au Mexique. Enfin, en Amérique latine, il a joué au Brésil. À propos du Brésil, si les Québécois oublient d’être aux petits soins avec ce talentueux artiste, ils pourraient bien le regretter…. En effet, Zal Sissokho pourrait s’installer au Brésil un jour, vu le nombre important de voyages et de rencontres musicales qu’il y effectue régulièrement (j’espère que je me trompe).

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Des sapins et des baobabs


En Suisse romande, j’ai rencontré Kati et Rodolphe, un couple charmant et généreux qui, avec leurs deux enfants, forment une famille pas comme les autres.

 En 2004, alors que Kati et Rodolphe étaient encore jeunes et fous, ils ont décidé de faire un voyage en voilier pour découvrir le monde. Joignant l’utile à l’agréable, le jeune couple a pris contact avec l’association de solidarité et de soutien au développement Voiles Sans Frontières (VSF), basée en France.
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Ouverture et enracinement : le cousinage à plaisanterie


Le Président-Poète L. S. Senghor, dans son idéologie de la négritude, a fondé son combat contre l’impérialisme culturel, cette forme d’aliénation du colonialisme, sur « l’ouverture et l’enracinement ». Ouverture aux autres et enracinement dans sa culture.
Aujourd’hui, avec nos cousins de Keurdomusagar, mon amie Fabinta Lo nous fait découvrir le cousinage à plaisanterie, profondément enraciné dans la culture sénégalaise.
Le cousinage à plaisanterie ou « parenté à plaisanterie » est une pratique sociale typiquement ouest-africaine. Chez les Wolofs, on l’appelle Kal. Cette pratique autorise, voire oblige des membres d’une même famille (tels que des cousins éloignés ou des membres de certaines ethnies) à se moquer les uns des autres ou s’insulter, et ce, sans conséquences. Ces affrontements verbaux sont en réalité des moyens de décrispation sociale 1.

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