Fatoumata Sy, la faiseuse de poupées

J’aimerais vous présenter Fatoumata Sy,  le tourondo(1) de  maman et notre « mère naturelle », puisque c’est elle qui nous fabrique, avec l’aide d’Ibrahima Niang. Ces deux artisans travaillent ensemble pour créer des poupées sénégalaises.

Fatoumata Sy vit et travaille sur l’île de Gorée, à quelques kilomètres au large de Dakar. C’est d’ailleurs là que les créateurs de SaDunya l’ont rencontrée pour la première fois, alors qu’elle vendait des poupées dans sa petite échoppe. Nous, les poupées de la famille Ndiaye, existions déjà dans leur tête, mais ils n’avaient pas encore trouvé la bonne personne pour nous fabriquer. La qualité du travail de Fatoumata, sa générosité et sa bienveillance les ont séduit et, après un premier contact, ils sont revenus vers elle pour lui proposer de créer les personnages qu’ils avaient imaginés pour SaDunya. C’est ainsi que nous sommes nés.

Fatoumata Sy s’occupe de couper et de coudre nos vêtements, avant de nous habiller. Elle se charge ensuite des finitions, comme mon greffage (pose de mes cheveux), les tresses de Mamie – elle tresse d’ailleurs à la vitesse de l’éclair – et la mise en place de la calebasse sur la tête de maman.

La partie que je préfère, c’est quand elle me peigne longuement les cheveux après les avoir fixés, pour qu’ils soient bien lisses et que je sois la plus belle.

(1) Au Sénégal, un enfant prend souvent le nom d’un proche de la famille et devient ainsi son « tourondo » (homonyme).

Aby Ndiaye

Dakar ! Eau là là !

Nous vivons aujourd’hui la sixième journée consécutive de coupure d’eau. Pas une goutte n’est sortie du robinet depuis 144 heures (Assane a compté)… Ndox amul [il n’y a pas d’eau]. Bien sûr, nous avons l’habitude de vivre avec les coupures d’eau, mais elles ne durent pas aussi longtemps d’habitude. Pour vous donner une idée, dans mon quartier, nous n’avons généralement de l’eau que la nuit : entre 8h et 23h, le robinet devient inutile et c’est le bal des bassines et des bouteilles, que nous remplissons chaque soir pour tenir la journée suivante. Continuer la lecture de « Dakar ! Eau là là ! »

Du poisson et des ballons

Maman et moi, nous allons souvent acheter du poisson sur la plage de Yoff. Maman dit que c’est moins cher d’aller acheter directement chez les dames de la plage, mais il faut marcher longtemps dans le sable pour y arriver.

La plage est très sale, avec plein de plastiques et de restes de repas. Parfois il y a même des pattes de poulets. Les gens jettent tout à la mer… Moi, je trouve que c’est dommage parce que c’est pas joli. Je préfère quand le sable est tout propre et qu’on voit seulement les coquillages et les petits trous creusés par les crabes.

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